Littérature tunisienne : par où commencer ?
بواسطة Foire du Livre Tunisien · قبل 13 يومًا · رسالة واحدة
On entend souvent la même question au stand : « Je n'ai jamais lu d'auteur tunisien, je commence par quoi ? » Bonne nouvelle : il n'y a pas de mauvaise porte d'entrée. La littérature tunisienne s'écrit en arabe et en français depuis plus d'un siècle, et chaque genre a ses classiques. Voici un parcours possible, du plus évident au plus inattendu. ▸ La poésie : Aboul-Qacem Chebbi Impossible de passer à côté. Chebbi (1909-1934) est mort à vingt-cinq ans, et pourtant ses vers sont connus de tous les Tunisiens : les derniers vers de l'hymne national viennent de son poème « La volonté de vivre ». Son recueil « Les Chants de la vie » (أغاني الحياة) reste la meilleure façon de le découvrir. Lisez-le à voix haute, c'est fait pour. Pour le trouver : tapez « الشابي » dans la recherche du site. ▸ Le roman fondateur : Mahmoud Messadi « Le Barrage » (السد), publié en 1955, est souvent présenté comme un monument difficile. Il l'est un peu. Mais c'est aussi une pièce-roman philosophique d'une ambition rare : un homme qui veut bâtir un barrage contre la volonté des dieux. Si vous aimez Camus, vous serez en terrain connu. ▸ La nouvelle : Ali Douagi Pour souffler après Messadi, Ali Douagi (1909-1949). Ses nouvelles, drôles et mélancoliques, racontent le Tunis populaire des années 1930 et 1940. Courtes, vives, parfaites pour le trajet en métro. ▸ En français : Albert Memmi et Abdelwahab Meddeb « La Statue de sel » d'Albert Memmi (1953) est le roman d'un adolescent tunisois tiraillé entre plusieurs langues et plusieurs mondes. C'est souvent le premier livre tunisien qu'on lit au lycée, et il tient toujours. « Talismano » d'Abdelwahab Meddeb (1979) est son contraire : une déambulation dans la médina de Tunis, écrite comme on rêve. Moins facile, plus envoûtant. ▸ La pensée : Tahar Haddad « Notre femme dans la charia et la société » (امرأتنا في الشريعة والمجتمع), publié en 1930, a valu à son auteur d'être mis au ban de son vivant. Le livre a pesé ensuite dans les débats qui ont mené au Code du statut personnel. Un essai court, à lire pour comprendre une bonne partie de l'histoire tunisienne du XXe siècle. ▸ Le roman d'aujourd'hui : Shukri Mabkhout « L'Italien » (الطلياني) a reçu en 2015 le Prix international de la fiction arabe. Un roman sur la jeunesse étudiante et militante des années 1980, qui se lit comme une enquête. Si vous ne devez lire qu'un roman tunisien contemporain cette année, prenez celui-là. Pour le trouver : tapez « الطلياني » dans la recherche du site. ▸ Et après ? Le plus simple est de suivre une maison d'édition. Chaque éditeur a sa page sur le site, avec tout son catalogue : la liste des éditeurs est un bon point de départ. Vous pouvez aussi filtrer le catalogue par genre et par langue. Et si vous avez votre propre liste « pour commencer », partagez-la en réponse à cette discussion. On la lira.