Aujourd’hui, le monde méditerranéen est le premier espace de voyages au monde par le nombre de touristes et la capacité d’accueil. C’est aussi l’espace qui a fourni le plus de sources pour la recherche en la matière : récits de voyages, textes narratifs, images, plans, journaux de bord, enquêtes administratives, textes littéraires, archives des différentes sociétés savantes, manuels de voyagistes, reportages, etc.
Certes, les recherches à propos du thème du voyage dans la sphère méditerranéenne ne manquent pas. Elles sont caractérisées par une grande diversité, au point de souffrir de l’éclatement. Souhaitant appréhender la question dans un cadre spatio-temporel à la fois suffisamment large et un tant soit peu homogène et aussi dans une optique pluridisciplinaire, nous avons proposé quatre axes aux chercheurs, à savoir :
S’inscrire dans une mobilité : il s’agit de retracer les moments importants avec les motivations qui les caractérisent : engouement pour l’Italie au XVIe siècle, perfectionnement d’une formation essentiellement au XVIIIe siècle, recherche de l’Orient et de l’exotisme, curiosité scientifique surtout au XIXe siècle, loisirs, soins actuellement, etc.
Vivre la rencontre : rencontre avec l’autre avec ce que cela suppose comme réactions de rejet, de bon accueil ou de simple tolérance. Rencontre avec soi et gestion des références identitaires.
Ecrire le voyage : les formes de la narration (codes et prismes de perception), l’imaginaire du voyage, la tentation romanesque et la construction des représentations.
Voyager pour gouverner : le voyage comme moyen de pouvoir (Charles Quint, Louis XIV, beys du camp en Tunisie…), voyages des chargés de missions pour le compte de l’Etat, etc