Il ne s’agit pas de figer la littérature en la mettant au service d’une immédiateté tragique, d’un contexte terrible, de mercantilisme bien étrange, mais de considérer le risque comme une promesse, la création un ravissement recommencé, l’étonnement une chance audacieuse, l’impossibilité la condition hasardeuse de toutes possibiltés. Dans la pelote planétaire, quelque chose est en train de naître. Dans ce cadre brumeux, l’objet des littératures francophones n’est plus la langue, l’identité. Ni l’exotique. Ni les clichés. C’est la liberté de transformer les lois de la palette. D’où qu’elle vienne, une littérature nous parle ou ne nous parle pas. Cela n’a rien à voir avec la «parlerie» dénoncée par les philosophes. Tant pis pour les théoriciens des choses délicates. Le risque n’est même pas le but de la littérature, c’en est la nervure, le tissu, la chair. Rien de grand ne se fait sans risque.