Martin Heidegger dans « Être et Temps » posait la question de la présence au monde. « Être » deviendrait une manière de s’affirmer, une tâche à accomplir, nuançant ainsi « ce qui est » et « l’étant ». C’est dans ce sens que je voudrais que le présent ouvrage soit un manifeste pour interroger mes « appartenances » plurielles à « la Tunisianité », comme présence au monde, sans fixité. Un engagement pour elle, à travers les savoirs et les arts pluriversels dont elle regorge, s’imprime et s’exprime, depuis des millénaires. Je reviendrai donc dans cet ouvrage à nombreuses omissions délibérées des temps pluriversels, dans le dessein de tenter de retrouver en moi l’invincible dubitatif, inquisiteur et quêteur des « vérités » supposées, nourri que j’ai toujours été aux mouvements et cours réversibles des civilisations, leurs progrès et regrets. Pour ma part, j’ai souvent été convaincu d’appartenir à une « Tunisianité », synthèse des concours culturels multiples et pluriels. Une « Tunisianité » non exclusive, non réductrice ; contexte civilisateur, idéel, culturel et symbolique qui a inspiré le monde d’exemplarités nombreuses. Une Tunisie autant qu’une « Tunisianité » qui cherchent à être projetées dans l’à-venir des sens, des consciences, des sciences et de la reconnaissance d’un humanisme altier qui puise profondément dans ces terres foncièrement généreuses. « Un Impensé » à même de rappeler ce que fut cette Cité, et laisser augurer de ce qu’elle a été, de ce qu’elle est et de ce qu’elle s’apprête à (re)devenir.