Bien que le terme de marqueur du discours soit couramment employé dans le cadre du modèle théorique dont nous nous sommes inspiré dans ce travail, nous continuerons à employer le terme» adverbe «pour caractériser vraiment du point de vue de son appartenance catégorielle ; tout en insistant sur le rôle que cet adverbe est appelé à jouer aussi bien dans la construction référentielle de l’énoncé que dans la structuration du discours. L’idée de base qui sous-tend l’approche que nous avons retenue pour ce travail, c’est qu’il y a un invariant et des variations contextuelles : on évacue la notion de polysémie - ce n’est pas exactement le sens d’un mot ou d’une notion qui change, mais l’exploitation de sa signification varie et le sens construit dépend du contexte- pour l’idée que le sens se construit en contexte, et qu’une notion donnée est exploitée de diverses manières en fonction des données contextuelles. Par ailleurs, la notion d’invariance n’a aucune raison d’être monosémique (exactement comme nous nous reconnaissons dans un miroir malgré la diversité et la complexité des traits qui nous caractérisent - cheveux, front, yeux, joues, lèvres, menton, etc. - et malgré les variations contextuelles - fatigue, joie, maladie, bonne forme, nuit blanche, journée ensoleillée, etc.); elle peut inclure des glissements sémantiques (effet de l’évolution en diachronie, et effet de la labilité de tout lexème, appelé à répondre à plus d’un besoin linguistique).