La problématique autour de laquelle est axée la réflexion didactique de la présente publication de Mabrouk Arfaoui est la suivante : « Malgré les orientations explicites des programmes d’histoire, publiés en 2006, visant à enseigner à raisonner, à résoudre des problèmes, à développer la pensée critique (en pensant l’événement historique) et à utiliser cet apprentissage dans d’autres situations », force est de constater qu’au niveau réel, « il y a toujours peu d’attention accordée par les enseignants dans leurs pratiques à ces capacités en classe d’histoire ». La perception de la discipline n’arrive pas, en fait, à dépasser la représentation traditionnelle que se font les gens (tous anciens élèves ayant fréquenté les bancs scolaires d’ailleurs) de l’histoire en général en la concevant comme un récit narratif du passé, sans accorder de place au développement du sens critique et réflexif sur les événements.
Le problème semble se situer donc au niveau de la formation des enseignants dont les pratiques du rapport au savoir historique conceptuel se heurte encore aujourd’hui à un handicap majeur, celui de l’incompréhension de la réflexion de l’illustre A. Ibn Khaldoun dans sa Mouqaddima où il affirme, voilà une dizaine de siècles déjà, que « l’histoire, en apparence, ne dépasse pas l’événement (et le récit), mais au fond, elle est (à l’instar d’autres sciences) observation et analyse ».