d'artiste -La Complainte du poète insensé, tel est le titre d'un poème en langue arabe de Mohamed Laâribi, membre du groupe Taht Essour, poème qui résume à lui seul sa condition poète, parolier, nouvelliste, mémorialiste, dramaturge, journaliste littéraire et politiquement engagé dans la lutte nationale. A travers ce phare méconnu, mort précocement dans le dénuement et l'anonymat comme la plupart de ses compagnons de bohème, cette biographie romancée retrace la figure du poète maudit, illustrée dans toute sa misère et toute sa splendeur. Mais elle dresse également le tableau de ce parnasse populaire, ce groupe de lettrés qui a révolutionné la littérature, le journalisme, la musique, la chanson et le théâtre. Plus significatif, l'atmosphère enchanteresse de Bâb Souika, cadre principal du récit, constitue le microcosme de la Tunisie des années trente qui va connaître le grand tournant de la modernité, sur le plan social, politique et culturel.