"Le combat du docteur Salem Esch-Chadely est présenté, à travers les oppositions et les outrages qu'il a endurés, comme l'œuvre de résistance du premier psychiatre à la psychiatrie coloniale française. [...] Sans basculer dans l'hagiographie, Essedik Jeddi présente la vie du docteur Esch-Chadely comme celle d'un penseur qui a dénoncé la complicité de la psychiatrie coloniale reliant racisme et colonialisme, et comme celle d'un militant qui a inscrit son action dans un temps marqué par la violence de l'effacement des savoirs médicaux arabes provoqués par le système colonial. [...] Dans l'ouvrage que vous vous ap- prêtez à lire, le docteur Jeddi convoque les figures des psychiatres Salem Esch-Chadely et Franz Fanon qu'il fait en quelque sorte dialogu- er à travers les réflexions critiques que l'un et l'autre ont adressé à la psychiatrie coloniale. [...] L'ouvrage du docteur Jeddi fait écho et pro- longe la thèse d'histoire de l'Américain Richard C. Keller, soutenue à l'université Rutgers et publiée en 2017 sous le titre de Colonial Madness. Psychiatry in French North Africa, 2007."
(Extraits de la Préface de Gilles Bibeau)